Guillaume Allary - Editeur et journaliste
«Même si leurs actions sont discrètes, on y a tous intérêt.»


Il n’y a pas si longtemps, quand on proposait des sujets sur le développement durable il fallait convaincre rédacteur en chef, directeurs de maisons d’éditions, responsables de programmes que non ce n’était pas une lubie, et encore moins une mode.

Aujourd’hui, la France a comme numéro deux du gouvernement un ministre du développement durable, l’Amérique découvre l’or vert, les marques l’éthique et le consommateur la générosité. Les années 80 s’éloignent à grande vitesse. Fini la frime et les gadgets. Place à l’éthique et à l’écologique. Version chic pour bobos. Version roots pour les militants de la première heure.

Mais quel que soit votre style, votre implication « citoyenne », chacun sent, même confusément, qu’on entre dans une nouvelle ère, un peu plus soucieuse des autres. L’égoïsme comme seul horizon de société n’a plus d’avenir, tout simplement parce qu’on commence à découvrir ses effets secondaires. Face aux désastres écologiques, humanitaires, sociaux à venir ou en cours, des milliers d’associations s’activent.

Les grandes peuvent compter sur l’appui des mass medias qui savent provoquer la compassion (tsunami), ou promouvoir une cause (téléthon). Elles peuvent aussi compter sur le soutien des grandes entreprises qui, par générosité ou stratégie de communication (les deux sont parfois indissociables) proposent leurs financements.

Mais les autres ? ces petites associations qui travaillent au quotidien dans les quartiers ou les régions, qui font un travail admirable mais n’ont pas la reconnaissance, l’envergure, bref une « marque » assez forte pour attirer les mécènes ou les projecteurs ? Comment assurer leur financement sachant que, sauf exception, leur taille ou leur singularité leur bloqueront l’accès aux grands medias et à la générosité des grandes entreprises ?

Face à ce type de blocage, internet se révèle un outil fabuleux puisqu’il permet de mettre en rapport direct le consommateur (nous) et ces petites associations, celles qui s’intéressent à une cause qui nous touche ou tout simplement agissent à côté de chez nous.

Ainsi, les bénéficiaires de notre générosité ne sont plus dictés d’en haut mais choisis d’en bas, et choisis parmi des projets locaux avec lesquels chacun peut entretenir un lien de proximité.

La technique peut être lourde de menace. Elle peut aussi être gorgée d’espoir. Là, elle donne la possibilité à ces petites associations de se financer plus facilement, et donc d’assurer leur pérennité et leur développement.

Même si leurs actions sont discrètes, on y a tous intérêt.

Guillaume Allary
Editeur et journaliste


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